Quand le Data design joue sur les réalités peu visibles de nos Métropoles.

En 2018, l’exposition 123 data,présentée à la Fondation EDF, nous ouvrait les portes d’une discipline encore peu connue en France : le data Design. Une spécialité de la création qui consiste à utiliser la donnée comme un matériau pour faire œuvre. Les formats, les statuts et la nature des créations qui en émerge sont nombreux, mais à l’heure ou la mobilisation des gilets jaunes nous pousse à nous interroger sur la notion de Smart Métropole, certaines de ces interprétations artistiques semblent éminemment d’actualité !

 

Par l’explanatory design l’exploitation de la donnée rend intelligible certaines réalités de notre monde. C’est par exemple le cas de Income Inequality d’Erwin Sherabon, un quadriptique saisissant qui met à jour les inégalités de revenus dans les villes de Los Angeles, New-York, Chicago et Paris. A partir d’un plan cadastral et des données publiques de revenus moyens par parcelles, l’artiste crée une architecture nouvelle qui révèle une autre réalité de ces territoires.

https://scherabon.com/income-inequality

Il y a une voie politique qui peut amener à réinterroger les territoires de la même manière dans le temps, au regard de l’action politique.

 

Par l’exploratory design, les données sont compilées sous forme de nuée ou d’ensemble, dans lesquels les utilisateurs dessinent eux-mêmes de nouvelles trajectoires. On est alors acteur et parfois producteur de la donnée. Tout comme Eugène Hénard dessinait au début du 20esiècle la « rue du futur », On Broadway, compile des données des réseaux sociaux pour dessiner le profil de rue de l’ère du Big Data. Sur le site dédié près de 660.000 photos traitées via Google Street View, Instagram, Twitter ou Foursquare,… invitent à une longue itinérance le long de cette avenue qui traverse Manhattan des quartiers riches du sud aux quartiers pauvres du nord.

http://www.on-broadway.nyc

https://vimeo.com/118247767

 

 

 

Ce détournement obstiné peut aussi fabriquer quelque chose de neuf. C’est ainsi que l’APUR (Atelier parisien d’urbanisme) a superposé à une carte de densité du bâti une œuvre data élaborée par le photographe Éric Fisher, qui exploite les données associées aux photos mises en ligne sur Flickr (géolocalisation de la photo et provenance de son auteur).

Ici, sur ce plan de la ville de Paris, les photos prises par les touristes figurent en rouge et se distinguent de celles prises par les résidents, marquées en bleu. Le résultat traduit graphiquement et avec précision des flux et des comportements humains habituellement décrits par des mots, des chiffres ou des graphes.

 

Partant du postulat que ce n’est pas la technologie ou l’IA en elle-même qui va régler les problèmes de l’humanité mais bien la façon dont nous nous en servons, ces interprétations de la donnée sont à examiner attentivement pour mieux les porter à la critique. En tant qu’acteurs de la Fabrique de la ville nous avons la responsabilité de nous poser les bonnes questions. Qu’est-ce qui fait le lien entre l’humain et la technologie ? Est-ce que la ville sera toujours égalitaire ou inégalitaire ? Quel est le futur de nos villes face à ce défi de l’introduction de l’IA ?

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