Focus sur le chantier de l’Hôtel de la Marine : une verrière monumentale.

#Journalisme

@Christine Hoarau-Beauval – article publié en septembre 2018 dans le Moniteur BTP.

Déroger aux codes de la verrière classique pour créer un espace d’accueil spectaculaire.

Le chantier de l’Hôtel de la Marine suscite à nouveau l’attention. Accessible au public dès 2020, le Centre des Monuments Nationaux (CMN) souhaite redonner lustre et prestige à ce lieu précurseur des Arts Décoratifs au 18siècle.

Les exigences règlementaires des bâtiments ERP, ont obligé les architectes à travailler l’accueil du public. Il n’y avait pas d’espace en RDC suffisamment grand pour accueillir la billetterie, les espaces d’attente de groupe, les vestiaires…

Le principe de couverture de la Cour de l’Intendant s’est imposé dès la phase de diagnostic, mais « il ne s’agissait pas d’en faire une pièce ! » selon l’architecte Christophe Bottineau. Pour respecter ce parti-pris, il a conçu avec l’ingénieur Hugh Dutton « un morceau de ciel étanche, posé au-dessus de la cour. » Les intentions qui définissent cet objet laisse deviner son unicité : nuage cristallin qui flotte, iIllusion d’être connecté au ciel,… Comment mettre en œuvre cette démarche plastique ?

La structure primaire de cet objet qui sera posé au 1ersemestre 2019, est composée de fers porteurs standards. Pour garder l’effet cristallin escompté, il fallait réfléchir aux profilés. Comment faire disparaitre la structure ? L’habillage s’assemble en « V » : deux éléments en inox poly miroir se combinent pour créer un angle et finir par une ligne. Dans la lumière, le verre se réfléchit dans l’inox qui lui-même reprend le verre dans une infinité de reflets. L’illusion est totale.

C’est sur une poutre périmétrique fixée sur les surélévations 19esiècle, que s’accrochera ce losange de 30 tonnes. La forme participe de cette recherche de légèreté. La verrière supérieure composée de verre calepiné sur un plan triangulaire, s’adapte à la géométrie de la cour. Quatre triangles aux arrêtes transparentes s’élèvent vers le centre ; leurs sommets ne se rejoignent pas, créant un vide central. En partie inférieure, des lamelles de verre dépolies tournent sur la verrière pour laisser un oculus central. L’effacement visuel de la surélévation rend une clarté naturelle à la cour.

https://www.lemoniteur.fr/article/une-verriere-cristalline-pour-l-hotel-de-la-marine.1990294

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